Prévisions

L’économie mondiale connaît une reprise remarquable depuis le début de l’année. Si c’est surtout la performance de la zone euro qui a surpris de nombreux observateurs, la Chine et les ­États-Unis ont également joué un rôle important dans l’accélération de la conjoncture globale. Ces grands blocs économiques pourraient néanmoins encore nous réserver quelques surprises dans les prochaines semaines.

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Michiel Verstrepen

Economist

Comme nous l’expliquons ci-dessous, une étape importante attend chacune de ces régions cet automne. En Chine, le parti communiste tient son 19e congrès national. Dans la zone euro, la Banque centrale européenne fera une déclaration sur le démantèlement progressif de son programme d’assouplissement. Enfin, les États-Unis devront, quant à eux, gérer les conséquences économiques des ouragans qui ont frappé leur territoire.

Congrès du Parti et priorités pour l’économie chinoise

Le 19e Congrès national du Parti communiste chinois a débuté le 18 octobre 2017. Les membres devront élire leur nouvelle direction et fixer les priorités politiques pour les cinq années à venir. Il est plus que probable que le président Xi Jinping profitera de cette occasion pour asseoir encore davantage son autorité sur le parti. Il sera ainsi également en meilleure position pour diriger l’économie centralisée du pays. En outre, les dirigeants chinois devront mettre en œuvre des réformes en vue de limiter les risques liés à la dette tout en continuant à soutenir la consommation. Tôt ou tard, ces réformes finiront par peser sur le taux de croissance, lequel sera de toute manière, à moyen terme, mis à mal par le vieillissement de la population.

Démantèlement de l’assouplissement quantitatif dans la zone euro

Dans ce contexte de forte reprise économique, la BCE a annoncé qu’elle prendrait une décision sur l’avenir de sa politique d’assouplissement quantitatif (QE) cet automne. Un démantèlement progressif pourrait ainsi déjà être annoncé lors de la réunion du 26 octobre. Si l’accélération de la croissance économique plaide en faveur d’un retrait graduel des mesures de relance, la faiblesse persistante de l’inflation devrait cependant inciter la BCE à agir de manière très prudente. En outre, la récente appréciation de l’euro signifie que les prix dans la région pourraient encore être davantage poussés à la baisse. Il est donc probable que la Banque agira par palier. Le président de la BCE, Mario Draghi, a indiqué que des discussions avaient eu lieu afin de peser les pour et les contre de différents scénarios. Au final, la politique des taux bas pourrait donc être progressivement abandonnée, même s’il faudra encore attendre pour cela.

Ouragan budgétaire aux États-Unis

Cette année, l’aide d’urgence déployée pour les dommages causés par les ouragans Harvey et Irma a retardé l’échéance fiscale d’un nouveau budget. Le plafond de la dette, le budget que l’État fédéral peut emprunter, a été relevé de trois mois afin de pouvoir permettre le déblocage d’une aide d’urgence pour les États ayant été frappés par les ouragans Harvey et Irma. Cet accord, scellé après des discussions entre le président républicain Donald Trump et les chefs de l’opposition démocrate, permet ainsi de reporter cette question budgétaire brûlante au mois de décembre. En fin d’année, le parti démocrate votera certainement à nouveau pour une extension du budget. Du côté des républicains, d’importantes voix soulignent en revanche le taux d’endettement déjà élevé du gouvernement américain. En outre, Trump est toujours à la recherche d’un important fait d’armes. Maintenant qu’un premier accord a pu être trouvé avec le Congrès, d’autres avancées ne sont pas à exclure, comme une réforme fiscale ou une forte augmentation des investissements en infrastructure. Les négociations risquent toutefois d’être particulièrement ardues. Les attentes des marchés financiers concernant une éventuelle réforme fiscale ont d’ailleurs déjà sensiblement diminué depuis l’élection de Trump et se trouvent aujourd’hui à un niveau très bas. Il ne faut donc probablement pas s’attendre à un ouragan budgétaire, même si l’impact de celui-ci pourrait être considérable s’il venait à être voté.

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