Quatre raisons pour lesquelles les bourses européennes devraient rester bien orientées à moyen terme

Nous avons réduit notre poids en actions américaines cet été. Nous l’avions augmenté en novembre 2016, comptant sur une prolongation temporaire du cycle grâce au plan de relance promis par la nouvelle administration. Depuis, la bourse américaine a continué de progresser plus vite que les bénéfices. Les États-Unis se sont donc encore renchéris par rapport à notre niveau d’achat et le fameux plan de relance se fait toujours attendre.

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Jérôme van der Bruggen

Head of Investments Strategy

À 18x les bénéfices attendus, les actions américaines ne sont plus vraiment bon marché en termes absolus, même si la performance annuelle que nous en attendons reste supérieure au rendement des obligations d’État. Si nous avons réduit notre poids en action américaines, nous avons gardé nos investissements en actions partout ailleurs, en particulier en Europe. Nous pensons que cette fin d’année devrait continuer d’être positive pour les bourses européennes et ce, pour quatre raisons.

1. Un marché encore abordable

La prime de risque d’un placement en actions européennes par rapport aux emprunts d’État est encore légèrement supérieure à la moyenne historique. Ceci alors que le consensus des analystes s’attend à une croissance bénéficiaire raisonnable pour l’Europe cette année et pour 2018 (12,5 % cette année et 8,5 % pour l’année prochaine). Dans la zone euro, la croissance bénéficiaire a encore de la marge car il reste un potentiel de rattrapage non-négligeable par rapport au top du cycle précédent. Un des secteurs offrant encore du potentiel de rattrapage est celui de l’énergie (bien représenté dans les indices boursiers). Le cours du baril reste à la traîne à cause de la surabondance d’offre de pétrole à court terme. Nous anticipons cependant un rééquilibrage offre-demande de pétrole, ce qui devrait supporter les cours du brut. Les coupes d’investissement dans le pétrole conventionnel ont été nettes et commenceront probablement à peser de manière plus substantielle sur l’offre de pétrole à partir de 2018 alors que la demande mondiale devrait continuer de croître. Pour ce qui est des financières (un secteur resté à la traîne depuis de nombreuses années), elles ont renoué avec la croissance des bénéfices depuis que les taux ne baissent plus.

2. Un sentiment de prudence en Europe

Après l’euphorie du début d’année, les investisseurs sont redevenus plus prudents sur les bourses européennes. Les observateurs de flux relevaient même des sorties dans les fonds investissant en actions pendant l’été. Est-ce la perspective de nouvelles élections en Italie l’année prochaine ? La situation politique en Catalogne ? L’appréciation de l’euro ? Ou s’agit-il simplement d’une pause ? Quoi qu’il en soit, nous considérons ce développement comme un indicateur de retenue. Entretemps, la liquidité est toujours abondante, même si la BCE devrait annoncer une sortie progressive de son programme d’achats après la prochaine réunion de son Conseil des gouverneurs à Francfort, le 26 octobre prochain.

 3. Poursuite de la croissance

Entretemps, les chiffres de croissance économique continuent leur élan. Cette croissance mondiale synchronisée (le FMI table sur 3,5 % en termes réels pour cette année) arrive après des années d’hésitation et il n’y a pas de vraies raisons de penser que cela devrait s’arrêter tout de suite. Certes, des facteurs de risques persistent : en particulier, nous sommes attentifs au besoin de rééquilibrage de l’économie chinoise après des années d’endettement ainsi qu’aux risques géopolitiques. Mais pour chacun de ces facteurs, des solutions peuvent être trouvées à moyen terme. En ce qui concerne la Chine, elle pilote l’atterrissage de son économie à travers des mesures macro prudentielles, ce qui devrait lui permettre d’atterrir en douceur.

4. Stabilisation du dollar

La faiblesse du dollar n’a pas favorisé les rendements pour l’investisseur en euro que nous sommes. Cependant, nous avons gardé nos dollars lorsque nous avons pris des profits sur la bourse américaine. Même si le dollar semble encore surévalué sur base du PPP*, il semble avoir largement dépassé la réduction du différentiel de taux entre les États-Unis et l’Allemagne à court terme (comme l’indique le graphe ci-joint ). Et au vu de la vitesse du mouvement baissier, une pause ou une consolidation est à l’ordre du jour. Un des catalyseurs de la faiblesse du dollar a sans aucun doute été le manque de réalisation de projets de l’administration Trump. Selon nous, une baisse temporaire de l’impôt des sociétés est possible avant la fin de l’année alors que personne ne s’attend à ce qu’un plan quelconque ne sorte de cette administration. Un tel développement serait positif pour le dollar.

Source : Factset

En résumé

Le cycle boursier n’est pas terminé en Europe.
Quatre facteurs soutiennent les bourses à moyen terme :

1. Un marché européen encore abordable alors que le cycle des bénéfices
n’est pas encore arrivé à maturité ;
2. Il règne un sentiment de prudence en Europe ;
3. Il est trop tôt pour prévoir un essoufflement de la croissance mondiale ;
4. Le dollar devrait se stabiliser après une période de forte baisse.

 

*  Purchasing Power Parity : parité de pouvoir d’achat.

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