Perspectives

En 2018, l’économie mondiale ralentit peu à peu. Ce mouvement qui devrait se poursuivre au cours des derniers mois de l’année et au premier semestre 2019 est le résultat d’une impressionnante expansion en 2017 plutôt que de faits spécifiques. Nous évoquons ci-dessous trois événements que vont encore connaître les marchés financiers mondiaux. La réunion de l’OPEP en décembre à Vienne. Aux États-Unis, l’effet sur la politique de Donald Trump des résultats des élections de mi-mandat. Enfin, les évolutions liées au Brexit.


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Michiel Verstrepen

Economist

Réunion de l’OPEP

La prochaine réunion de l’OPEP aura lieu à Vienne le 6 décembre. L’organisation des pays exportateurs de pétrole est sous pression en raison des turbulences de ces derniers mois autour du prix du Brent. Il y a environ deux ans, l’OPEP avait décidé de limiter sa production. En effet, alors, l’offre mondiale, soutenue par la production américaine de schiste, s’était avérée plus que suffisante pour répondre à la faible demande mondiale. L’accord a été un succès, en partie grâce à l’implosion de la production vénézuélienne et à l’aggravation des problèmes en Libye. Entre l’accord de novembre 2016 et septembre 2018, le prix du baril de pétrole est passé de 40 dollars à 80 dollars. Ces derniers mois, le prix du pétrole a de nouveau été fortement corrigé. L’importation de pétrole iranien par certains pays, malgré les sanctions américaines et le refroidissement de l’économie mondiale, en est une cause majeure. Les pays de l’OPEP sont donc aujourd’hui confrontés à de nouveaux défis. En outre, la réaction d’importants producteurs non membres de l’OPEP, tels que la Russie et le Mexique, sera également d’une grande importance.

Trump et le nouveau Congrès

Le 6 novembre dernier, les Américains sont retournés aux urnes. Les enjeux des élections ? Élire les membres de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat américain. En outre, dans la plupart des États, les élections des gouverneurs avaient lieu le même jour. Plus important encore, les élections de mi-mandat représentaient un test pour mesurer la popularité de la politique de Trump à l’échelle nationale. Sa politique économique a joué un rôle important dans l’évolution des taux américains, du dollar et des marchés des actions. La question est maintenant de savoir dans quelle mesure sa politique économique va ou non devoir composer avec une Chambre des représentants au contrôle des Démocrates. D’autres mesures de relance fiscale ne sont donc pas à l’ordre du jour. Toutefois, il dispose encore d’une marge considérable dans sa politique commerciale. Compte tenu de l’impact que les tensions commerciales ont déjà eu sur les marchés financiers par le passé, nous suivrons de près ses prochaines décisions en matière de commerce au cours des deux prochaines années.

Un accord sur le Brexit avant Noël ?

Au moment de la rédaction de cet article, il n’existe aucun accord de sortie entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Un règlement clair de la question de la frontière irlandaise semble constituer une des principales pierres d’achoppement. Une controverse subsiste quant à la bonne approche à adopter, tant au Royaume-Uni proprement dit qu’entre ce dernier et l’UE. Comme il faut beaucoup de temps pour parvenir à un accord, on évoque de plus en plus le scénario du « no deal », qui prévaudra si aucun accord n’est ratifié avant le 29 mars 2019, soit deux ans après le début de la procédure prévue par l’article 50. Toutefois, il reste possible qu’un accord soit conclu avant la fin de l’année. Ce serait un grand soulagement, surtout pour le Royaume-Uni, mais même ainsi, de nombreux détails devront être complétés par la suite. Bref, l’incertitude entourant l’évolution future du Brexit restera forte, avec ou sans accord.

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