La reprise économique peut-elle se poursuivre ?

Les indicateurs de confiance sont au vert depuis un peu plus d’un an. L’économie mondiale a affiché des signes clairs de reprise synchrone au cours de ces derniers trimestres. La Réserve fédérale américaine tente progressivement, mais sûrement, d’orchestrer un resserrement de sa politique monétaire. La BCE garde pour sa part la pédale sur l’accélérateur jusqu’à nouvel ordre. Nous passons brièvement en revue la situation économique dans les principales régions du monde.

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Hans Bevers

Chief Economist

États-Unis

Les prestations de l’économie américaine ont été inférieures aux attentes au début de cette année. La croissance annuelle s’est établie à 1,2 % à peine. Néanmoins, la crainte d’un ralentissement marqué semble infondée actuellement. Les chiffres du printemps et la confiance des entreprises et des ménages suggèrent que l’activité économique américaine reste globalement solide. La progression de la consommation devrait pouvoir se poursuivre, dans un contexte de revenus réels disponibles en hausse, de cours des matières premières peu élevés, d’augmentation des prix de l’immobilier et de vigueur du marché de l’emploi. Des signes prudents indiquent également que les investissements reprennent. En parallèle, l’inflation sous-jacente reste modérée et la croissance des salaires modeste. La Fed a par ailleurs annoncé son intention de s’atteler à la réduction de son bilan et prévoit un resserrement de sa politique monétaire, de manière progressive. La politique de Donald Trump reste quant à elle une énigme. Il est évident, en tout état de cause, que ses projets de travaux d’infrastructure ou de forte baisse des impôts sont plus difficiles à mettre en œuvre que certains l’avaient pensé.

Zone euro

La conjoncture européenne a été plus que satisfaisante ces derniers trimestres. Hormis la Grèce, tous les pays profitent d’une reprise clairement cyclique. Bien entendu, dans un sens, il s’agit de la partie la plus facile de la reprise. Les matières premières bon marché, le taux de change relativement bas, la politique monétaire souple et la fin des économies drastiques créent des circonstances très favorables. Dans le contexte de cette reprise conjoncturelle, certains observateurs considèrent que la BCE doit désormais rapidement commencer à démanteler sa politique monétaire accommodante. Cette proposition semble toutefois prématurée à ce stade. L’économie reste très en deçà de son niveau potentiel, des écarts relativement importants subsistent entre les différents pays et l’inflation reste beaucoup trop basse. Une politique monétaire resserrée n’est donc pas à l’ordre du jour pour l’instant. En outre, la BCE ne voudra pas commettre pour la quatrième fois l’erreur de serrer la bride monétaire trop tôt. En effet, la BCE avait relevé les taux sans raison valable à l’été 2008 et 2011. Et en 2013-2014, elle avait laissé son bilan se réduire au moment où les autres banques centrales continuaient à assouplir leur politique. La reprise économique avait ainsi pris un retard inutile. Telles que les choses se présentent actuellement, la BCE annoncera sans doute à l’automne qu’elle commencera à réduire ses achats mensuels d’obligations d’États et d’entreprises à partir du début de 2018.

Asie

L’économie japonaise enregistre pour l’instant des prestations relativement honorables. Avec 2,8 %, le chômage a atteint son niveau le plus bas en plus de vingt ans et le nombre d’emplois vacants disponibles est historiquement élevé. Malgré un marché de l’emploi tendu, la pression à la hausse sur les salaires reste pratiquement inexistante et l’inflation reste nettement inférieure à l’objectif de la banque centrale japonaise. Celle-ci maintiendra par conséquent les taux à 0 % pour une durée indéterminée et continuera à acheter des titres portant intérêt. En attendant, l’économie chinoise présente à nouveau des signes de ralentissement après un an de reprise. Sous l’effet de la forte croissance du crédit et de l’augmentation rapide des prix de l’immobilier, les décideurs chinois ont réduit la voilure monétaire. La possibilité de concilier les mesures structurelles visant à placer l’économie chinoise sur une trajectoire durable avec l’objectif de croissance élevé (6,5 %) s’éloigne de plus en plus avec le temps. Le dix-neuvième congrès national quinquennal du parti se déroulera en Chine à l’automne. Il conviendra de prêter attention à la vision qui y sera présentée. Le risque que l’économie chinoise connaisse, au cours des prochaines années, un ralentissement plus marqué de sa croissance, reste inchangé, quoi qu’il arrive.

« Les indicateurs de confiance sont au vert depuis un peu plus d’un an. L’économie mondiale a affiché des signes clairs de reprise synchrone au cours de ces derniers trimestres. »

Conclusion

Actuellement, l’économie mondiale est en relativement bonne santé d’un point de vue cyclique. La croissance est en hausse et le chômage baisse. Les indicateurs de confiance laissent entrevoir une poursuite de cette tendance à court terme. Il importe toutefois de garder à l’esprit que les conditions de politique monétaire n’ont jamais été aussi accommodantes. Le grand défi des années à venir consiste à retirer progressivement les stabilisateurs monétaires sans faire dérailler la croissance économique. Ce faisant, les banques centrales disposeraient à nouveau d’une marge de manœuvre monétaire pour faire face aux baisses de régime de l’économie. Ce ne sera pas chose aisée, dans le contexte du vieillissement de la population, des défis de la mondialisation, des divers risques politiques et géopolitiques et des niveaux d’endettement élevés. Mais en attendant, la reprise économique se poursuit.

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