Prévisions

La reprise économique se poursuit. Une série d’événements importants figure cependant à l’agenda financier et macroéconomique des mois d’été, en particulier en septembre. Nous passons à la loupe trois rendez-vous particulièrement marquants : le possible lancement des négociations sur l’ALÉNA (Accord de Libre-Échange Nord-Américain) aux États-Unis, le début de la réduction du bilan de la Banque centrale américaine (Fed) et enfin les élections fédérales allemandes.

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Michiel Verstrepen

Economist

Début des négociations sur l’ALÉNA

Les discussions sur le controversé ALÉNA pourraient démarrer pendant les mois d’été. Ce traité qui institue une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique revêt une grande importance non seulement pour leurs économies respectives, mais aussi pour l’avenir de ce type de traité. Dans le pire des cas, le traité sera déclaré nul et non avenu sans qu’une alternative valable soit mise en place. Cela pourrait être le résultat du style de négociation non conventionnel de Trump ou d’une escalade dans les conflits commerciaux dont certains germes ont déjà été semés. Trump a ainsi introduit des taxes à l’importation sur le bois canadien et s’est exprimé vivement sur les mesures protectionnistes canadiennes dans le secteur laitier. Par ailleurs, les États-Unis sont aussi en discussion avec le Mexique au sujet des importations de sucre. Il n’y a cependant pas lieu, pour l’heure, de se montrer défaitiste. La rhétorique de Trump est bien souvent apparue éloignée de sa politique. Robert Lighthizer, le représentant américain du commerce, évoque pour sa part une modernisation et non une suppression de l’accord commercial. Un nouvel accord devrait ainsi inclure des règles sur l’e-commerce, les droits de propriété intellectuelle, les normes environnementales et les conditions de travail. Tant le Canada que le Mexique semblent partager ce principe. Pour l’économie mondiale, en outre, une focalisation sur l’ALÉNA paraît moins grave qu’un différend majeur avec la Chine. Bref, bien que le risque d’une disparition soudaine de l’ALÉNA se soit quelque peu estompé, les marchés financiers se tiendront sur leurs gardes quand les négociations commenceront.

Dilemme imminent pour la Fed

Il y a une bonne probabilité pour que la Réserve fédérale américaine (Fed) relève à nouveau son taux en septembre. Plus important encore, la Fed fournira des détails sur la manière dont elle fera baisser son bilan historiquement élevé. Le fait que le bilan de la Banque centrale ait à ce point augmenté est la conséquence des mesures monétaires non conventionnelles (QE) prises suite à la grande crise financière. Janet Yellen, la gouverneure de la Fed, a déjà fait remarquer qu’elle espérait un bilan sensiblement inférieur à ce qu’il est aujourd’hui, sans préciser quelle taille il devait avoir. Mais il y a d’autres incertitudes encore. Quand précisément ce processus va-t-il commencer ? Quelles conditions doivent être remplies ? Comme le bilan se présentera-t-il dans le futur ? Si ces questions taraudent les marchés financiers, c’est parce qu’une réduction du bilan de la Fed équivaut à un resserrement monétaire. Le problème est que personne ne sait dans quelle mesure les conditions monétaires vont changer une fois que la Fed entamera ce processus. Elle sera dès lors particulièrement attentive à ne pas brusquer les marchés financiers.

Nouveau Bundestag allemand

En plus des élections néerlandaises, françaises et britanniques, nous aurons cette année – le 24 septembre – des élections fédérales en Allemagne. Les partis de la coalition au pouvoir, à savoir les démocrates-chrétiens de la CDU/CSU et les sociaux-démocrates du SPD, resteront assurément les plus grands partis. Lors des élections des entités fédérées qui ont déjà eu lieu cette année, la CDU/CSU a enregistré de bons scores. La victoire des démocrates-chrétiens en Rhénanie du Nord-Westphalie est particulièrement marquante ; non seulement parce qu’il s’agit du plus grand Land en termes de population, mais aussi parce que la région était traditionnellement dirigée par une coalition sociale-démocrate. Pour la zone euro dans son ensemble, une victoire de la CDU/CSU tendrait vers une situation où le statu quo européen reste intact. Une victoire du SPD, d’un autre côté, pourrait signifier la naissance d’un nouveau gouvernement allemand qui se rapproche des idées du nouveau président français Macron. Avec en perspective notamment un élargissement du budget de l’UE et une plus grande flexibilité fiscale à l’égard de la Grèce. D’autre part, à la faveur de ce scrutin,  le parti populiste Alternative für Deutschland (AfD) pourrait faire son entrée au Bundestag. Avec le FDP, il pourrait constituer un bloc opposé à plus de transferts européens. Une issue favorable au marché et pro-européenne semble donc probable, même si les conséquences économiques des élections en Allemagne sont encore très incertaines.

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