Prévisions

Outre un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale, certains risques spécifiques nous attendent durant les mois d’été. Nous en décrirons trois. Nous commencerons par le Mexique, où un nouveau gouvernement controversé prépare sa politique. Nous nous pencherons ensuite sur la santé économique du reste des pays émergents. Enfin, nous nous concentrerons sur la réunion de la BCE du mois de septembre, lors de laquelle de plus amples informations seront probablement données sur son cycle de resserrement tant attendu.

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Michiel Verstrepen

Economist

Nouveau voisin du Sud pour Trump

Andrés Manuel López Obrador, plus connu sous « AMLO », a été élu président du Mexique lors des élections du 1er juillet dernier. Il est connu pour être un outsider charismatique, qui se situe du côté gauche du spectre politique et qui n’a pas peur de prendre des positions controversées. L’envie de changement et les prévisions économiques modérées pour l’économie mexicaine ont stimulé sa campagne. Il a par ailleurs critiqué les réformes dans le secteur de l’énergie, et il est un fervent défenseur d’une politique économique nationale indépendante avec un secteur agricole solide. Ces positions ont entraîné le scepticisme d’une grande partie du secteur des entreprises mexicaines à l’égard de sa probable présidence qui débutera le 1er décembre. À cela s’ajoutent les négociations autour de l’ALENA entre le Mexique, les États-Unis et le Canada. Elles s’avèrent difficiles depuis plus d’un an déjà et représentent toujours un risque de tensions accrues. AMLO considère que les difficultés du secteur agricole mexicain sont dues à des problèmes liés à la politique commerciale extérieure actuelle, et notamment à l’ALENA. Cela signifie qu’un compromis doit être trouvé entre les électeurs d’AMLO provenant du secteur agricole mexicain et l’électorat conservateur de Trump. AMLO a déjà communiqué qu’il contribuerait de manière constructive à une réforme de l’Accord de libre-échange nord-américain. Il semble toutefois peu probable que les négociations entre Trudeau, Trump et son nouveau voisin du Sud se déroulent facilement.

Risque de tempête financière sur les marchés émergents

La Fed continue à resserrer son taux. L’histoire nous a appris que les hausses des taux américains ne sont pas sans conséquence pour les pays émergents, surtout si ce resserrement n’est pas (totalement) anticipé. Des exemples connus sont notamment ladite crise Tequila de 1994 au Mexique et le Taper Tantrum de 2013, lorsque le précédent directeur de la Fed, Ben Bernanke, s’est prononcé de manière malavisée sur l’avenir du programme d’assouplissement quantitatif américain. Le taux américain y a fortement réagi et de nombreux actifs financiers de pays émergents ont dû faire face à un sérieux coup dur. Plus tôt cette année, l’Argentine et la Turquie se trouvaient déjà dans une situation difficile. Tant que la Fed poursuivra sa politique de resserrement, il faudra s’attendre à des vulnérabilités financières du côté des pays émergents. Les périodes de liquidités réduites, comme les mois d’été, représentent plus particulièrement un risque.

BCE en septembre

D’ici là, nous continuons à surveiller la situation économique au sein de la zone euro et les éventuels changements de politique de la BCE. La réunion en septembre sera surtout suivie avec beaucoup d’attention. La BCE a généralement tendance à ne pas annoncer d’importants changements de politique au cours des mois d’été et préfère attendre le mois de septembre lorsque les liquidités sont plus importantes sur les marchés financiers pour compenser les chocs éventuels. Par ailleurs, septembre sera probablement le moment où le programme d’assouplissement quantitatif s’arrêtera. C’est pourquoi la réunion pourrait représenter un point de basculement symbolique pour la politique monétaire européenne.

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