Actions européennes en 2018 : nouvelle intrigue ou même scénario qu’en 2017 ?

L’année 2017 aura été un bon cru pour les investisseurs en bourse. Pas de Nexit ou de Frexit, une croissance économique solide et un secteur bancaire de plus en plus sain en Europe du Sud. Les actions européennes ont gagné environ 12 % en 2017. Le vieux continent n’a donc rien à envier aux États-Unis compte tenu de l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar.

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Guy Lerminiaux

Head of Fundamental Equity

Après une telle performance, on est évidemment en droit de se demander si les cours pourront encore augmenter et si le meilleur n’est pas derrière nous. L’économie américaine vient en effet de connaître sa neuvième année consécutive de croissance. Et les indicateurs avancés ont atteint des plafonds partout dans le monde. Le cycle actuel est-il donc en train de vivre ses derniers jours ? Devons-nous nous attendre à un nouveau ralentissement de la croissance ? En abandonnant leur politique d’assouplissement quantitatif non conventionnelle, les banques centrales vont-elles donner le signal d’une nouvelle correction ?

Les gestionnaires de portefeuille en actions européennes de Degroof Petercam Asset Management ne sont pour le moment pas de cet avis. La reprise en Europe ne se trouve en effet pas encore à un stade très avancé. Le niveau des investissements demeure relativement faible et de nombreuses entreprises affichent un bilan sain. L’utilisation des capacités augmente et des signes de pénurie de main-d’œuvre commencent à apparaître dans certains secteurs. Une poussée cyclique de l’inflation paraît donc probable, ne serait-ce qu’à cause de la hausse des prix des matières premières. Il est donc toujours important de miser sur les entreprises qui sont capables de répercuter assez rapidement ces pressions sur leurs clients finaux.

Les marges peuvent encore s’améliorer

Si la croissance a clairement amorcé un mouvement de rattrapage, les marges restent quant à elles largement à la traîne. En partie pour des raisons cycliques. L’augmentation de l’utilisation des capacités va ainsi automatiquement entraîner une amélioration de la rentabilité. Mais beaucoup d’entreprises souffrent également de problèmes de gestion, souvent pour cause de manque de gouvernance. Or, celles-ci seront de plus en plus mises sous pression par les activistes pour faire le ménage dans leurs affaires. Citons, à titre d’exemple, le cas d’Unilever qui n’a finalement pas été reprise, mais qui est parvenue à accroître sa rentabilité en se séparant d’activités peu performantes. Enfin, la faiblesse des marges bénéficiaires s’explique évidemment aussi par d’autres raisons d’ordre plus structurel. Sur le plan de la compétitivité, de l’innovation et de l’intégration, il reste encore un long chemin à parcourir. Aux Pays-Bas et surtout en France, beaucoup d’efforts ont déjà été déployés en termes d’intégration en 2017. Fort de son nouveau pouvoir d’influence, le président français, Emmanuel Macron, aura pour tâche de remettre l’Europe sur les rails en insistant sur la nécessité des réformes. L’avenir de l’Union, en ce compris de l’Italie, dépendra de sa capacité à se faire entendre.

« Investir en actions ne se résume pas à suivre les grands indices »

Capacité d’innovation

Il reste beaucoup de pain sur la planche en matière d’innovation. À cause, d’une part, de la montée du protectionnisme un peu partout dans le monde et, d’autre part, de la pression exercée par les nouvelles technologies sur les secteurs et modèles d’entreprise traditionnels. Dans ce contexte, le réflexe qui consiste à adopter une position défensive ne constitue pas nécessairement le bon choix dans une perspective à long terme. La peur est rarement bonne conseillère. Le retard pris par l’Europe dans le domaine de la « nouvelle économie » se reflète notamment dans la place qu’occupent les grandes entreprises technologiques dans les principaux indices internationaux, avec un poids qui peut être de deux (Hang Sen) à cinq fois (S&P 500) plus élevé que dans l’Eurostoxx 50.

Heureusement, investir en actions ne se résume pas à suivre les grands indices. L’univers de placement est composé d’une multitude de petites et moyennes entreprises (souvent familiales) qui proposent de nouveaux produits et de nouveaux modèles d’entreprise. Historiquement, ces actions ont souvent généré de meilleurs rendements. Chez Degroof Petercam Asset Management, nous avons investi une grande partie de nos portefeuilles dans ces PME dans une perspective à long terme. Cela nous a permis de nous distinguer de la concurrence et d’enregistrer de meilleurs rendements.

Il est probable que le resserrement des politiques monétaires en 2018 provoque un regain de volatilité. Sceptiques, de nombreux investisseurs craignent d’ailleurs une forte chute des cours. De nouvelles hausses pourraient donc les surprendre. Dans une perspective à un peu plus long terme, il est encore trop tôt pour tirer une croix sur l’Europe. Ceux qui voient l’avenir du Vieux Continent d’un mauvais œil ne devraient pas se focaliser uniquement sur l’indice !

Positionnement pour 2018

En conclusion, nous estimons que les actions européennes mériteront encore une place de choix dans les portefeuilles en 2018. Les valorisations demeurent raisonnables, les économies européennes connaissent une croissance synchronisée et les entreprises ont encore la capacité d’améliorer leurs marges. Dans ce contexte, les gestionnaires de portefeuille conserveront un portefeuille équilibré, misant également sur la croissance intérieure des économies nationales.

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