L’économie mondiale poursuit sa trajectoire de croissance

Dix ans après le début de la crise financière, l’économie mondiale enregistre une poussée de croissance. Les volumes d’échanges augmentent, les bénéfices des entreprises sont en hausse et le chômage baisse. Cette croissance mondiale s’explique en grande partie par la reprise que connaissent les pays producteurs de matières premières.

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Hans Bevers

Chief Economist

En outre, la combinaison d’une politique monétaire particulièrement accommodante et d’une politique budgétaire neutre porte ses fruits. Cette situation n’a pas encore entraîné d’augmentation manifeste des salaires et de l’inflation. Le grand défi pour les années à venir consiste à retirer progressivement les stabilisateurs monétaires sans faire dérailler la croissance économique ni effrayer les marchés. Ce faisant, les banques centrales disposeraient à nouveau à l’avenir d’une marge de manœuvre monétaire. La Chine pose toujours un risque élevé pour l’économie mondiale, outre l’évaluation élevée de certains actifs financiers et des marchés immobiliers dans certaines régions du monde.

 

États-Unis : La Réserve fédérale continue à relever ses taux

Les États-Unis connaissent actuellement la troisième plus longue expansion économique de leur histoire. La confiance des ménages et des entreprises reste pour le moment à un niveau élevé. Il faut dire que la courbe des taux s’aplatit progressivement. Néanmoins, nous estimons que la probabilité d’une nouvelle récession reste faible actuellement. La réforme fiscale de Donald Trump soutiendra très légèrement la croissance économique, mais engendrera surtout, à terme, une détérioration des finances publiques et un accroissement des inégalités. Nous attendons cependant un retour de l’inflation. Un resserrement progressif de la politique monétaire s’annonce. En l’état actuel, il est plausible que la Réserve fédérale augmente ses taux à trois ou quatre reprises d’ici la fin de l’année 2018, lesquels s’établiront à 2,25 %. Le dollar peut donc encore légèrement augmenter, mais aucune envolée significative n’est à prévoir, compte tenu de sa valorisation actuelle.

Source : Goldmans Sachs, Degroof Petercam

« L’inflation reste pour l’instant inférieure, dans la plupart des régions du monde, à ce que la reprise économique laisse supposer. »

Zone euro : la reprise cyclique se maintient

La conjoncture européenne a opéré, au cours de ces deux dernières années, un mouvement de rattrapage convaincant et se porte à merveille actuellement sur le plan cyclique. Tous les secteurs participent à cette reprise et le marché de l’emploi reprend vie. Néanmoins, il ne s’agit pas encore d’une reprise intégrale. Le chômage reste actuellement sensiblement supérieur à son niveau d’avant-crise et des disparités importantes entre pays subsistent. En outre, les travailleurs découragés qui ont quitté le marché de l’emploi ces dernières années, ainsi que les travailleurs à temps partiel qui préféreraient être actifs à temps plein, restent nombreux. Il est donc normal que la pression salariale reste modeste pendant un temps encore et que l’inflation demeure sous les 2 %. Une politique monétaire resserrée n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. La BCE ne voudra pas commettre une nouvelle fois l’erreur de serrer la bride monétaire trop tôt. De surcroît, une nouvelle hausse de l’euro ne ferait que rendre l’objectif d’inflation plus difficile à atteindre. Il est encore trop tôt pour procéder à un relèvement de taux effectif. Ce relèvement ne deviendra réalité qu’après que la BCE aura mis un terme à son programme de rachat plus tard dans l’année. Le premier relèvement de taux n’interviendra donc qu’au printemps 2019, au plus tôt. Dans l’intervalle, les avancées difficiles dans le dossier du Brexit et la perspective d’une impasse politique après les élections italiennes constituent les risques les plus significatifs à court terme.

Pays émergents : la croissance chinoise va de nouveau ralentir

De nombreuses échéances électorales s’annoncent dans les pays émergents. Des élections présidentielles se tiendront en Russie et en Colombie, en mars et en mai respectivement, tandis que des élections locales sont programmées en juin en Indonésie. En outre, des scrutins législatifs généraux sont prévus au Mexique (juillet), en Malaisie (août), au Brésil (octobre) et en Thaïlande (novembre). Les élections mexicaines et brésiliennes, en particulier, peuvent engendrer des inquiétudes. Pour sa part, l’économie chinoise a retrouvé des eaux plus calmes ces dix-huit derniers mois. Cette accalmie s’est toutefois accompagnée d’une augmentation rapide et non viable des volumes de crédit. Dans ce contexte, la banque centrale chinoise a resserré sa politique monétaire il y a un peu moins d’un an. La possibilité de concilier les mesures structurelles visant à placer l’économie chinoise sur une trajectoire durable avec l’objectif de croissance élevé (6,5  %) s’éloigne de plus en plus avec le temps. C’est pourquoi nous escomptons un ralentissement de la croissance en 2018. La Chine reste l’un des principaux risques pour l’économie mondiale. Le ralentissement de l’économie chinoise a des conséquences internationales en raison de la baisse des volumes d’échanges commerciaux et des prix des matières premières. Néanmoins, la crainte d’un impact négatif significatif sur le reste du monde reste limitée pour l’instant. D’une manière générale, 1 % de croissance chinoise en moins réduit la croissance mondiale de 0,25 %.

Conclusion

D’un point de vue cyclique, l’économie mondiale réalise de bonnes performances. La Chine est et restera un risque majeur. D’une manière générale, l’inflation reste pour l’instant inférieure, dans la plupart des régions du monde, à ce que la reprise économique laisse supposer. Nous pensons toutefois que l’inflation évoluera progressivement pour atteindre l’objectif des banques centrales. Mais il est possible que cet objectif ne soit pas atteint. Dans ce cas, les banques centrales feraient bien de s’en tenir à un resserrement progressif de la politique monétaire. En effet, l’histoire récente nous a montré que la stabilité des prix ne suffit pas en soi à garantir une stabilité financière. Les actions ne sont plus bon marché, surtout pas aux États-Unis. Et dans certaines régions du monde, comme dans les principales villes du Canada, de la Scandinavie et de l’Océanie, les marchés immobiliers prennent des proportions semblables à celles d’une bulle spéculative. Il va sans dire que cet argument ne tient que si la croissance et le marché de l’emploi ne montrent aucun signe clair d’affaiblissement. En tout cas, les banques centrales doivent s’attendre, à l’avenir, à relever le défi consistant à canaliser un tant soit peu la psychologie des marchés, à la baisse comme à la hausse. Ce n’est pas une sinécure. Toutefois, personne n’a dit que ce serait facile.

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