Stratégie d’investissement

Nous passerons bientôt le cap des neuf années de reprise économique aux États-Unis et, bon an, mal an, de bonne tenue des marchés financiers. La croissance mondiale semble en phase de légère accélération, les taux d’intérêt sont bas et le consensus des analystes prévoit une progression des bénéfices des entreprises. Trop beau pour être vrai ?

Lire la suite

Imprimer l'article

Jérôme van der Bruggen

Head of Investments Strategy

L’expérience ne nous apprend-elle pas à devenir méfiants, justement lorsque tout va bien ? À suivre… Beaucoup d’entreprises cotées en bourse offrent encore suffisamment de potentiel d’appréciation selon nous, surtout en Europe. Nouveau développement : nous avons augmenté nos positions au Japon. L’univers des entreprises y est plus cyclique qu’ailleurs, c’est-à-dire sensible à l’accélération de la croissance économique. En ce qui concerne les obligations, nous continuons à favoriser les obligations en euro, émises par les entreprises de qualité (dites « Investment Grade ») et celles, internationales, indexées à l’inflation (dites « Inflation Linked »). Nous restons partisans d’une grande diversification et conservons par conséquent de l’or et du dollar en portefeuille.

Actions

Notre préférence va toujours aux actions européennes. En 2017, les entreprises y ont renoué avec la croissance bénéficiaire à deux chiffres. Les bénéfices se situent encore en dessous du pic atteint lors du cycle précédent (alors qu’aux États-Unis, ce pic a déjà été largement dépassé) et sont, nous semble-t-il, en train de rattraper ce retard. Une poursuite de la croissance bénéficiaire est donc attendue en 2018, +9 % si l’on en croit le consensus des analystes. Ce chiffre pourrait surprendre positivement, les estimations des analystes restant souvent à la traîne lorsque la dynamique économique, qui succède à des années de stagnation, est enfin enclenchée. Un euro trop fort aurait peut-être tendance à remettre en cause ces perspectives, mais un scénario de légère appréciation de la monnaie unique ne serait pas nécessairement négatif et pourrait même contribuer à faire revenir les investisseurs étrangers vers nos pays. D’autant plus que le marché boursier européen ne se traite qu’à 15x les bénéfices attendus. Il est donc encore abordable selon nous, surtout par rapport au marché américain, pour lequel ce multiple est de 18.5x. D’autres indicateurs plaident aussi en faveur des actions européennes, en particulier le rendement sur dividende, toujours élevé par rapport au rendement obligataire.

Nous avons augmenté nos investissements en actions japonaises en fin d’année dernière. Le caractère cyclique de l’économie japonaise, grande exportatrice, est un atout. L’univers des entreprises industrielles y est deux fois plus vaste qu’aux États-Unis. La forte amélioration des marges réalisées par les entreprises japonaises en est l’illustration. On ignore toutefois dans quelle mesure les réformes structurelles que le gouvernement actuel est en train de mettre en œuvre seront à même de consolider l’amélioration de la rentabilité des entreprises japonaises.

Obligations

La fin, très progressive, des politiques monétaires accommodantes, devrait peser sur l’univers obligataire en 2018. À part au Japon, la plupart des banques centrales ont annoncé qu’elles profiteraient de l’accélération de la croissance pour tenter, chacune à leur manière, un début de restriction monétaire. Cela devrait donc faire monter les taux d’intérêt. Cela étant dit, nous restons persuadés que l’inflation demeurera faible dans la zone euro et ne nous attendons donc pas à une flambée des taux obligataires. En revanche, nous devrions observer cette année certains signes plus concrets de pression sur les prix aux États-Unis. Les attentes d’inflation y étant toujours basses, nous considérons les obligations indexées à inflation (dites « Inflation Linked »), en particulier aux États-Unis, comme une protection peu onéreuse contre la hausse inattendue de l’inflation.
Les obligations émises par les entreprises de qualité (dites « Investment Grade ») offrent un surplus de rendement par rapport aux obligations d’État. Ce rendement supplémentaire (le spread) a fortement diminué au cours des deux dernières années, en raison de la hausse des cours. Nous restons néanmoins sur nos positions. La dynamique économique reste en effet favorable dans la zone euro, le taux d’endettement des entreprises est inférieur à sa moyenne historique et la BCE a par ailleurs confirmé qu’elle continuerait d’acheter des obligations d’entreprises au moins jusqu’en septembre 2018. De plus, les entreprises émettent en général des obligations à moins longue échéance que les États. Lorsque les taux montent, avoir un portefeuille obligataire à moins longue échéance est un atout !

Devises

Le dollar a perdu beaucoup de terrain par rapport à l’euro en 2017 et il est possible qu’il continue à être exposé à des forces contradictoires cette année. Cependant, nous gardons nos positions pour deux raisons : la monnaie américaine bénéficie d’un avantage de rendement (les taux américains sont largement supérieurs aux taux dans la zone euro), mais surtout elle a depuis toujours agi comme valeur refuge en période de turbulence boursière. Nos portefeuilles diversifiés détiennent donc des dollars pour l’instant.

Or

L’or ne rapporte rien en soi, mais son coût d’opportunité est minime à ce niveau-ci de taux d’intérêt réels (le taux d’intérêt réel est le taux nominal dont on déduit l’inflation). Une hausse significative des taux réels rendrait l’or moins intéressant, mais nous ne nous attendons pas à un tel scénario. Et si les marchés n’ont pas tenu compte des risques géopolitiques en 2017, cela ne veut pas dire qu’ils se comporteront de la même manière en 2018. Nous continuons donc de penser que l’or est un autre moyen de diversifier les portefeuilles.

Video
Contact

Your name

Your e-mail

Your message

Send

E-card

Your name

Your e-mail address

Name receiver

E-mail address receiver

Your message

Send

1