Wealth ReviewHiver 2019

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Investissements durables et responsables : à la recherche de l’impact !

Le nouveau défi pour les défenseurs de l’investissement durable et responsable consiste aujourd’hui à montrer l’impact de durabilité.

 

Ophélie Mortier

Responsible Investment Strategist

Une approche thématique alignée sur les ODD

En effet, il n’est plus question de se contenter d’affirmer ne pas investir dans les plus mauvaises sociétés en termes d’engagement environnemental, social et de gouvernance pour être ISR (Investissement Socialement Responsable). Il faut également créer de la valeur en termes de durabilité et de contribution positive environnementale et sociale et le prouver !

Créer l’impact…

Cette demande de la part des investisseurs est légitime. D’une part, elle défie la raison d’être des investissements durables et responsables : l’appellation sous tendrait que les autres investissements ne sont ni durables ni responsables. D’autre part, elle pousse les limites de cette expertise qui aujourd’hui ne se base plus sur une approche exclusive d’investir dans les meilleurs de la classe, tout secteur économique confondu. Le financement d’entreprises questionnables en matière de durabilité et responsabilité sous la couverture du « Ils font tous cela, nous avons sélectionné le moins pire » n’est plus accepté. La légitimité de chaque émetteur au sein du portefeuille ISR est donc remise en question sur sa réelle contribution au financement d’ une transition économique plus durable d’un point de vue environnemental, social et économique.

… et le prouver !

Cependant, l’investisseur est avide également de preuves tangibles et mesurables. Ici l’expertise rencontre actuellement une multitude d’obstacles et montre ses limites. Pour en citer quelques-uns : la disponibilité des indicateurs, l’exactitude et la vérification des données chiffrées, la pertinence et l’interprétation des nombres, la précision des méthodologies, etc. Beaucoup d’acteurs reconnaissent en toute franchise la difficulté de mesurer aujourd’hui l’impact en termes quantifiés. Et la profession se penche sur le sujet afin de remédier à cette difficulté. Cependant, en l’absence de cadre standardisé, les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies sont de plus en plus utilisés comme cadre de référence.

Les ODD : un cadre de référence quasi universel

En effet, ces 17 objectifs sont communément admis comme référentiels aux différentes externalités auxquelles les portefeuilles peuvent être exposés et permettent de parler un langage commun et compréhensible sur l’impact positif poursuivi par les stratégies d’investissement. Ainsi il est possible de relier les 17 ODD aux quatre grandes thématiques de l’investissement à impact, à savoir le changement et la stabilité climatique (1), le capital naturel (2), les besoins de base/fondamentaux (3) et l’autonomisation (4). (voir illustration ci-contre).

À partir de là, la réflexion peut avoir lieu sur les thématiques et enjeux environnementaux et sociaux auxquels les investissements tentent de répondre.

À titre illustratif, notre expertise en actions européennes durables et responsables répond à plusieurs enjeux d’impact et peut être répartie de la manière suivante en termes d’impact extra financier. (voir illustration ci-dessous).

 Ophélie Mortier

« Il n’est plus question de se contenter d’affirmer ne pas investir dans les plus mauvaises sociétés en termes d’engagement environnemental, social et de gouvernance pour être ISR. Il faut le prouver ! »

Un pour tous, tous pour un !

Au-delà de ce référentiel d’impact auquel un portefeuille individuel tente de répondre, il ne faut pas sous-estimer l’impact au niveau global induit par l’engouement pour l’investissement durable et responsable.

En effet, aujourd’hui il ne s’agit plus d’une expertise de niche au sein de quelques illuminés de la finance assimilés à des activistes environnementaux. Les chiffres le montrent : plus de 2.000 signataires à travers le monde ont adhéré aux 6 Principes de l’Investissement Responsable promus par les Nations Unies et représentent une force de frappe de près de 70.000 milliards de dollars sous gestion. Le marché mondial de l’investissement ISR est estimé à près de 12.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Les stratégies de désinvestissement et d’exclusions ont conduit à un désinvestissement massif dans des activités peu durables comme le secteur du tabac.

La coopération entre les actionnaires, souvent minoritaires, a permis notamment de faire plier les grandes pétrolières telles que Chevron ou Exxon pour davantage de transparence sur leur stratégie de changement climatique.

Ce sont également ces impacts-là qu’il faut mesurer et prendre en compte lorsque la question de démontrer l’impact d’un investissement durable et responsable est posée.

L’impact investing et l’adoption des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies repoussent sans cesse les limites de l’investissement durable et responsable. Éviter les pires entreprises ou du moins les moins mauvaises n’est plus suffisant aujourd’hui ; répondre aux enjeux ESG est une dimension supplémentaire !

Expertise en actions européennes durables et responsables

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