Wealth ReviewHiver 2019

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Prévisions

Après une année 2018 chahutée, 2019 s’annonce également compliquée. D’importants défis devront encore être relevés. Ci-dessous, nous nous penchons sur trois questions qui tiendront les marchés financiers mondiaux en haleine au cours des premiers mois de l’année. L’économie européenne parviendra-t-elle à maintenir son rythme de croissance sans stimulus monétaire supplémentaire ? Comment le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine va-t-il évoluer ? Et à quel Brexit faut-il s’attendre ?


Michiel Verstrepen

Economist

Zone euro sans soutien

Lors de sa dernière réunion de 2018, la BCE a annoncé, comme prévu, la fin de son programme d’achat d’actifs. Dorénavant, l’économie européenne devra donc davantage voler de ses propres ailes. Elle pourra cependant encore compter sur l’aide des autorités monétaires, mais il est encore difficile de savoir quelle sera l’ampleur de ce soutien. Les premières réunions de la BCE, qui auront lieu le 24 janvier et le 7 mars, seront dès lors décisives. À brève échéance, nous serons notamment attentifs à un instrument en particulier : les fameuses opérations ciblées de refinancement à plus long terme ou TLTRO (« targeted longer-term refinancing operations »). Il s’agit d’instruments via lesquels la BCE propose des emprunts à long terme aux banques. En revanche, aucune hausse de taux ne devrait encore être à l’ordre du jour. L’économie européenne connaît des ratés depuis quelques mois et certains pays traversent manifestement une période difficile, en particulier l’Italie. Certains signes montrent que son économie est sur le point de connaître une période de stagnation voire de croissance négative. De nouvelles TLTRO seraient donc les bienvenues pour les banques italiennes.

Cessez-le-feu ou guerre commerciale

L’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine a été l’une des principales causes des turbulences observées sur les marchés financiers en 2018. Heureusement, les présidents Trump et Xi ont fini par s’accorder sur une trêve de trois mois. Les Chinois avaient déjà suspendu les surtaxes douanières sur les véhicules importés des États-Unis et devraient aussi recommencer à acheter d’importantes quantités de soja américain. Les États-Unis ont à leur tour décidé de reporter l’instauration de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises, dont l’entrée en vigueur était prévue pour le 1er janvier. Reste maintenant à savoir si les deux grandes puissances seront en mesure de respecter cet accord provisoire. Les problèmes de fond n’ont en effet pas changé et Trump n’est pas vraiment réputé pour sa patience. Pendant ce cessez-le-feu, les parties tenteront de progresser dans des dossiers sensibles tels que le vol de propriété intellectuelle, le transfert forcé de technologie et les barrières commerciales non tarifaires. La trêve prendra fin en mars et tous les problèmes n’auront probablement pas été résolus d’ici là. En outre, nous resterons attentifs à l’évolution de l’économie chinoise qui, malgré les mesures de soutien, enregistre toujours un net ralentissement.

Date butoir pour le Brexit

Le 29 mars, le sort en sera jeté. Le Royaume-Uni ne fera plus partie de l’Union européenne. D’ici là, le dossier du Brexit peut encore évoluer dans tous les sens, ce qui explique le climat d’incertitude actuel. Le pire scénario, à savoir celui d’une sortie du Royaume-Uni sans accord (le fameux scénario du « no deal »), reste pour le moment le moins probable. Si la date butoir n’est pas reportée, ce divorce constituera l’un des événements politiques majeurs de l’année et laissera des traces sur les marchés financiers.

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