Stratégie d’investissement

La baisse des bourses depuis les sommets atteints fin février a été alimentée par trois craintes. Celle, d’abord, d’une surchauffe de l’économie et d’une remontée incontrôlée des taux d’intérêt. Celle, ensuite, d’un envenimement des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Celle, enfin, d’une baisse soutenue des valeurs du secteur de la technologie aux États-Unis suite à la remise en question du modèle économique de Facebook.

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Jérôme van der Bruggen

Head of Investments Strategy

Chacune de ces craintes illustre un risque réel pour les marchés financiers. Nous revenons donc sur chacune d’entre elles et tentons d’expliquer pourquoi nous pensons que la réaction du marché a été excessive.

Lente remontée des taux d’intérêt

La peur d’une surchauffe de l’économie américaine (dopée par la réforme fiscale américaine) et donc d’une inflation incontrôlée a fait remonter les rendements obligataires début février. Les taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne et des États-Unis ont ainsi augmenté de 35 à 40 points en un mois (de 0,40 à 0,75 % pour l’Allemagne et de 2,40 à 2,80 % pour les Etats-Unis). Depuis, les indicateurs n’ayant pas été à la hauteur de ces attentes exagérées, les rendements se sont stabilisés (autour des niveaux actuels aux Etats-Unis et à 0,55 en Allemagne). Que faut-il attendre des rendements obligataires à ces niveaux ? Nous pensons qu’il remonter, mais graduellement. Aux États-Unis, la Fed devrait continuer sur sa lancée et augmenter ses taux directeurs encore deux fois cette année (après la hausse survenue en mars). Dans la zone euro, la première hausse des taux directeurs ne se fera pas avant mars 2019 laissant probablement juste assez de temps à Mario Draghi (dont le mandat se termine fin octobre 2019) de sortir le taux d’intérêt de la facilité de dépôt (qui représente l’intérêt perçu par les banques lorsqu’elles déposent des liquidités auprès de la banque centrale) du territoire négatif. Les rendements obligataires vont donc encore rester bas pendant longtemps, ce qui renforce la valorisation relative des actions. La perspective d’une normalisation de ce taux d’intérêt important pour le secteur financier est une bonne nouvelle pour les bourses puisque ce secteur représente à lui tout seul plus d’un cinquième du poids des indices boursiers européens.

Négociations tendues entre la Chine et les États-Unis

La multiplication de communiqués intimidants à propos de la réintroduction de tarifs douaniers sur toute une série de biens (voir notre tableau) fait craindre une aggravation des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, voir carrément une guerre commerciale entre les deux pays. Pourtant, les mesures annoncées et réellement entrées en vigueur ne concernent pour l’instant qu’une faible partie des volumes échangés. Leur impact sur l’économie sera sans doute faible. Bien sûr, les menaces plus récentes concernent des volumes beaucoup plus élevés, mais à ce stade, aucune de ces dernières mesures n’est encore définitive. De plus, la Chine se trouve dans une position de négociation faible et n’a aucun intérêt à user de représailles de façon irrationnelle car son modèle de croissance et la stabilité de sa devise (auxquels elle tient énormément) dépendent encore largement de sa capacité à générer des excédents commerciaux. Les commentaires récents de M. Xi au forum de Boao (appelé le « Davos » de l’Asie) le 10 avril allaient d’ailleurs dans le sens de l’ouverture.

Les valeurs technologiques en perte de vitesse ?

Les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) ont contribué pour un quart de la performance totale de l’indice boursier américain l’année dernière. Leur dominance est cependant remise en cause suite au scandale de Facebook. Celui-ci est accusé de ne pas avoir prévenu ses usagers de l’utilisation qui serait faite de leurs données. Ces données ont ensuite été exploitées à des fins politiques. Beaucoup prédisent que ce scandale donnera lieu à une réglementation inadéquate qui aura un impact considérable sur la rentabilité de tout le secteur. Notre avis est plus nuancé. Certes, le secteur sera régulé. L’Europe (qui – lorsqu’on parle de réglementation – a toujours une longueur d’avance sur les États-Unis) introduira en mai de cette année une nouvelle directive (la General Data Protection Directive ou GDPR) régissant fortement l’accès des données personnelles par les entreprises. Mais la Commission a travaillé pendant cinq ans sur cette législation et Facebook a d’ailleurs indiqué son intention de s’y conformer partout dans le monde, pas seulement en Europe. Il ne s’agit donc pas une inconnue.

Conclusion

La réaction du marché face à ces trois facteurs de risque a, selon nous, été excessive. Nous pensons qu’une fois les craintes dissipées, l’attention du marché devrait se tourner bientôt vers les fondamentaux et la croissance des bénéfices. Viendra ensuite la saison des assemblées générales et du paiement des dividendes, un des piliers du rendement boursier (plus d’un tiers). La perspective d’une nouvelle année de croissance des bénéfices et de dividendes solides viendra conforter les investisseurs. En conclusion : si 2018 nous rappelle que les bourses sont volatiles, sur le long terme, c’est vraiment la croissance des bénéfices qui compte et sur ce front, les perspectives restent bonnes. Cela étant dit, chaque soubresaut boursier nous rappelle l’importance de la diversification des portefeuilles, nos quatre solutions de diversification étant les obligations dites « Investment Grade » en euro, celles indexées à l’inflation, le dollar et l’or.

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