Wealth ReviewPrintemps 2019

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L’hiver économique cédera-t-il la place au printemps ?

Différents indicateurs donnent à croire que le ralentissement de l’activité économique arrive à son terme. Les banques centrales prêchent la souplesse, les dirigeants politiques chinois prennent des mesures de stimulation et il semble qu’un accord commercial entre la Chine et les États-Unis soit en préparation. Malgré ces signes encourageants, la prudence reste de mise. Dans l’ensemble, rien n’indique en effet que l’économie mondiale soit à l’aube d’une forte relance.

Hans Bevers

Chief Economist

Les États-Unis en route vers leur plus longue phase d’expansion

L’expansion qui a fait suite à la Grande Récession de 2008-2009 en est à son 119e mois. Les États-Unis sont sur le point de battre le record de la plus longue expansion économique. Il faut bien entendu nuancer cette observation : la crise de 2008 était profonde, et la relance qui a suivi fut laborieuse.

En 2018, l’économie américaine a connu une croissance solide de près de 3 %. Il ne semble toutefois pas que l’année 2019 puisse l’égaler. L’activité industrielle en berne au niveau mondial et la force du dollar sapent la confiance dans l’industrie manufacturière. Les perspectives en matière de bénéfices des entreprises et d’investissements fléchissent. En outre, les effets bénéfiques des baisses d’impôts passées commencent à s’épuiser. Cela étant, le consommateur américain continue de vivre une période faste. Le marché de l’emploi se porte à merveille, les salaires augmentent et la confiance des ménages reste robuste.

Signaux d’alarme

Difficile pourtant d’ignorer certains signaux d’alarme, comme la courbe des taux, et plus précisément la différence entre les taux à court terme et à long terme. Les taux à 10 ans et à trois mois sont quasiment identiques. À la fin du mois dernier, cette différence était même négative. C’est un signal à prendre au sérieux, car même si le timing précis est incertain, et s’il est possible que cet indicateur soit faussé par la politique des banques centrales, il a été dans le passé le signe avant-coureur le plus fiable d’un ralentissement de la croissance et d’un ralentissement économique.

L’industrie européenne en récession

L’économie européenne est dans une impasse, et la belle relance économique observée entre l’été 2014 et l’été 2018 est déjà loin. Au cours de cette période, qui a connu une croissance annuelle moyenne d’environ 2 %, le taux de chômage est passé de 11,5 % à 8 %. Sur les trois derniers trimestres par contre, la croissance est tombée sous le niveau potentiel de 1 %. À l’heure actuelle, rien ne laisse présager une amélioration.

L’industrie, en particulier, connaît une période difficile. L’activité économique se situe actuellement 2,5 % en-deçà du point le plus haut atteint fin 2017, et les indicateurs de confiance laissent à penser que l’industrie manufacturière aura du mal à se sortir de cet environnement récessionnaire. La bonne nouvelle est que la confiance se maintient dans le secteur des services, même si elle est un peu retombée par rapport aux niveaux élevés de ces dernières années. On observe une évolution similaire de la consommation, qui se maintient après les avancées salariales et les hausses d’emplois de ces dernières années. La situation est moins encourageante pour les investissements et les exportations. Face au ralentissement de la croissance et aux incertitudes (géo)politiques, les entreprises hésitent à investir. L’Europe compte actuellement seize pays dirigés par des gouvernements minoritaires. Les troubles sociaux et économiques en France, la situation budgétaire difficile de l’Italie, la saga sans fin du Brexit et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis pèsent sur la confiance.

Le stimulus chinois produit ses effets

Les pays émergents, comme toujours, ne présentent pas une image uniforme. Alors que l’industrie redresse la tête au Brésil, en Inde et en Russie, d’autres pays comme la Turquie, la Corée du Sud et la Malaisie, rencontrent de grandes difficultés. La Chine est évidemment au centre de toutes les attentions. Ce pays représente 40 % de l’activité économique de tous les pays émergents et en développement.

La question la plus importante est de savoir si les dirigeants chinois pourront mettre fin au ralentissement économique. En effet, le ralentissement de la croissance du crédit et les tensions commerciales avec les États-Unis ont lourdement pesé sur l’activité économique depuis quelques trimestres. Heureusement, cette tendance pourrait bien s’inverser. Les mesures de stimulation chinoises et la perspective d’un accord commercial (symbolique) avec les États-Unis devraient déboucher sur de meilleurs résultats pour l’économie. Du moins sur les quelques trimestres à venir, car l’augmentation de la productivité en perte de vitesse, le vieillissement démographique et le caractère peu durable de la croissance du crédit restent des défis importants pour l’économie à long terme.

Conclusion

Depuis l’été dernier, l’activité économique mondiale est sous pression. La confiance a fortement chuté dans l’industrie manufacturière, et la croissance des échanges internationaux a nettement ralenti. Les responsables politiques ont pris des mesures face à cette situation. La Fed et la BCE ont reporté tout durcissement (supplémentaire) de leur politique monétaire, la Chine a pris des mesures de stimulation monétaires et budgétaires, et le conflit commercial sino-américain est en quête d’une solution. Tout cela devrait empêcher un recul plus important de l’économie mondiale, mais il reste des risques, et les signes d’une relance durable se font attendre.

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